Le premier galon

24-08-2016… On appareille ! On c’est le bateau, la mer, le vent et moi. 50 litres d’eau, des réserves pour une semaine et quelques frissons à l’idée de partir tout seul pour rallier les anglos. En larguant les amarres j’ai pensé au temps où je grattais le pont et usais mon huile de coude à bouffer de la résine sous vapeur d’Acétone, c’était il y a un an. Entre les deux j’ai vu défiler l’histoire, j’ai revu en accéléré ces moments de labeur où j’apprenais à connaître mon bateau, du partage avec les copains, de leurs conseils distillés au fur et à mesure des navigations, des moments de doute, des temps forts, des temps mous, des temps tout court… de ces centaines d’essai-erreur qui se sont succédées, de mes premières manœuvres dans le port, à la première prise de coffre à Aurigny, du premier sifflement du gonfleur pour mettre le pied sur une plage, du premier départ sous bâbord amure au tour des ports, des premières premières… alors j’ai eu le sourire, et Arnaud de l’école de voile était sur l’eau avec ses loustiques, il est passé à notre hauteur et on s’est fait signe, je partais « Y faire un tour » comme on dit, c’était chouette de le voir avant de pointer l’étrave plein Ouest.

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Dielette – Herm – Sark – Dielette

Aujourd’hui, c’est maintenant ! Mon petit doigt le réclamait et j’étais d’accord avec lui… il fallait « Y faire un tour ». Y faire un tour comme l’ami Gérard me dit parfois c’est y aller en gros et voir où le vent t’amène… Moi j’ai fait soft, je savais que j’allais vers Sark, Herm ou Guernesey, pour le reste on verrait sur place. Mais y faire un tour c’est aussi prévoir la marée, son heure de départ, les hauteurs d’eau, la météo, la nav, les cailloux, noire pute qui vous attend à l’entrée du grand Russel, la bouffe, connaître son bateau et écouter la mer et le vent. C’est aussi s’occuper de son bateau pour qu’il s’occupe de vous, prendre le poids et la mesure, le temps souvent et parfois aller vite en besogne car le grain qui arrive réclame de prendre un ris histoire d’être sûr. C’est un peu de pluie qui passe et on en profite pour se faire chauffer de l’eau, la barre est amarrée avec un sandow. C’est voir qu’il tient le cap et qu’on se sent tranquille… lui à la mer, moi au café. Un peu plus tard, Herm et sa tribut de cailloux nous indiquent qu’on tient le bon cap. On s’engage dans le grand Russel en longeant Herm par le nord. J’ai envie de reconnaitre Belvoir Bay et voir si on peut mouiller… On se met à la cap 10 minutes, je renifle l’air et le vent me dit que pour la nuit, l’abri sera un peu léger… On s’est remis en route  pour longer la côte et se nicher dans le sud de l’île. Là on mouille, la nuit ne va tarder, le bateau est en ordre. On peut se reposer et goûter au plaisir d’y être tout simplement. Là, ici, maintenant. Parce que l’air de rien, on est partit de Dielette tout à l’heure, et là on est là…pile poile au centre du « Y faire un tour ».

Le lendemain on a reprit la route sous un ciel gris sans être menaçant. J’ai rejoint au moteur Sark pour prendre un coffre dans le havre Gosselin. La dernière fois avec Pierre et Sandra on avait mouillé en face de la Coupée, j’avais envie d’y retourner en changeant un peu. Cette fois je me suis mis juste à la sortie du Gouliot en reconnaissant la petite hanse et son caillou trompeur. Là, j’en ai profité pour siester 2 heures, le vent faisait son faiblard, je l’ai accompagné juste après avoir regardé les heures de marée.

Entre deux, un p’tit texto m’indique que Dom est sur Herm. Ok c’est parti. On se remet en route et repassons le Grand Russel dans l’autre sens et cette fois je laisse Fourquies sur tribord pour pointer un peu plus loin dans le passage entre Herm et Jethou. Il y a un quai un peu plus loin où Dom aime bien se poser, et j’aurai peut être la chance de poser Oanig à côté de Slan… il y a encore assez d’eau pour voir si c’est jouable. Finalement non, alors retour à la case mouillage sous Herm avant de gonfler l’annexe et partager le dîner avec les copains. J’ai aimé le retour à minuit lorsque les rames poussaient sur l’eau pour rejoindre le bateau. La lune éclairait la baie, il était là tranquille, attendant le lendemain pour voguer à nouveau.

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Oanig – Sous herm, Guernesey dans le fond

On s’est remis en route avec la marée, une belle trace qu’on a faite lui et moi… les conditions étaient là, la mer belle avec une petit houle, le vent bien établit, j’ai à peine touché au réglage de barre, le bateau filait bien, pointant son nez plein Est en sachant que le courant à la côté allait nous remonter… et c’est passé ! Juste au dessus de la cardinale de Flamanville… Cela nous a pris 5 heures trop courtes pour rallier Dielette, c’était la fin de la journée et Arnaud ramenait ses loustiques au quai. Il est venu à notre rencontre en faisant de grands signes pour nous souhaiter la bienvenue ! Et moi je pétais de joie !

3 jours partis et rentrés à bon port sans bobos lui et moi, trois jours pour un premier petit tour… Et en ce jour d’août où le bateau est rentré à bon port, je me dit que la petite flamme qui crépite au fond des yeux avait raison de réclamer d’aller à présent encore plus loin…

En viaje au loin su la mé

La saison était bien lancée, alors on partait, à deux, à trois équipiers, bateaux, cela dépendait des disponibilités des copains et de la météo. Le temps était au temps des pontons, au café chez Hervé le matin, au point avec les pêcheurs et l’ami Loulou que j’accompagnais avec plaisir relever les casiers. Le soir parfois il y avait du maquereau, des pots avec les copains dans les carrés des uns et des autres, des sorties éclairs juste pour prendre l’air et aller en mer au coucher de soleil, simplement parce qu’on est là et que c’est beau. Notre horloge était à la météo et nous ne laissions pas un créneau sans quelques coups de fils du genre : « Salut Dom, demain possible de rallier Jersey, Pierre est chaud, t’es dispo ? », « Ok pour moi »… et on partait…

4 aout : Destination Gorey

On a apparaillé sur le jusant, destination Gorey à une vingtaine de miles. La marée venait de renverser. Mer belle un peu agitée au passage du cap de Flamanville, route au 200 pour pointer sur l’entrée de la passe de l’Etoc au nord de Jersey. Le vent s’est établit ouest, Pierre s’occupait du réglage des voiles, Dom avait un petit sourire aux lèvres alors qu’il tenait la barre. Tout était pour le mieux, je me suis occupé de la nav et j’ai fait chauffer un café.

En vue du passage de l'Etoc
Arrivée en vue du passage de l’Etoc avec Dom à la barre.

Au passage de l’Etoc, Le compas de relèvement est de service. Il faut négocier notre route sur une bande de un mile maximum et parer les roches Frouquie sur Tribord et Grande Rousse sur babord. En gros faut pas se louper, le courant bat son plein, on monte à 10 nœuds sur le fond et le paysage défile vite… Les Ecréhou c’est un vrai poème, le courant est maître il te pousse ou te tire, les roches apparaissent à sa guise suivant si la mer est plus ou moins haute… Alors côté calcul de hauteur s’est bien de réviser deux fois plutôt qu’une et sur la carte tu t’occupes de ne pas passer au dessus de 2’00’10 de longitude ouest… et ça passe.

Passe de l'Etoc
La Passe de l’Etoc…

Les Ecrehou sont derrière nous et la digue de Sainte Catherine se rapproche. On voit apparaître un château du moyen age qui se dresse à flan de falaise… on arrive les amis et quelques 3h après notre départ on mouille dans la baie de Gorey sous les remparts du château de Mont Orgueil en attendant le plein pour entrer dans le port.

Chateau de Mont Orgueil
Château de Mont Orgueil surveillant le port de Gorey

La nuit se passe au sec, le bateau est pausé sur sa quille contre le quai. Nous repartons à 7h du matin, en attendant une tasse à la main que la mer remonte pour que le bateau flotte à nouveau. Retour sur Dielette, trois heures et demi plus tard Dielette est en vue. Tout sourire.

12 Aout : Guernesey  – Herm

Cela faisait un certain temps que Babette et Jean Claude se voyaient faire un tour sur l’Arpège. Alors ce jour là on a pris la direction de Saint Peter, et le vent venait de là bas…

Alors on s’est fait mouiller, bien au taquet à tenir notre prés serré… 10h de nav à tirer des bords sous le banc de la Scholle pour passer la pointe de Sark et d’autres encore dans le grand Russel avant d’atteindre Saint Peter bien rincé. Je pense que c’est ce dont ils avaient envie, un peu de sport… et pour ça on a été bien servit. Pour le coup, on avait verrouillé l’épreuve en donnant un rendez vous au copain David avec son Ombrine… comme ça, on irait sinon rien. Cela a été  une bien chouette navigation et une rencontre au port heureuse avec l’équipage voisin. Le fait d’avoir partagé l’effort et les conditions de mer rapproche… ça c’est certain !

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Libertine à l’attaque

Le lendemain, on appareillait pour mouiller l’ancre en face de Herm et de pauser le pied dessus. L’occasion de découvrir et de trainer l’annexe sur une nouvelle plage. D’aborder encore à la voile une île, un monde à part. Le soir, retour sur le bateau pour une bonne bouffe en commun, et un peu avant minuit l’arrivée de Dom et Laurence qui nous ont rejoins sur leur Westerly ont relancé la soirée de plus belle…

Le retour a été des plus tranquille, le vent gonflait les voiles sans trop se forcer. Avec Babette, Jean Claude et Eric on a passé le temps à rigoler et à partager des histoires pendant que le bateau glissait lentement vers Dielette… un peu ivre encore sans doute de la virée.

 

15 Aout : Destination Sark

A peine rentré, que le lendemain Pierre & Sandra embarquent à bord, les loustiques sont chauds et la fenêtre est trop belle.. la marée est propice pour toucher en début de soirée Sark. La mer est magnifique, le vent établit à 15 noeuds Est, Nord Est, pile poil pour envoyer le Spi sans mouiller le maillot… alors ok, Feu !

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Pierre et Sandra à la barre

Après trois heures, nous arrivons en vue de Sark, et nous nous approchons en réduisant la toile pour négocier la partie serrée de cette navigation. Le Gouliot, un passage entre les îles de Sark et Brechou, pas plus 5 longueurs de bateau séparent les deux îles, et il y a de l’eau…

Il sera difficile de rendre le silence du passage du gouliot sous grand voile. Lorsque les roches se rapprochent alors que l’étrave pointe vers un bout de mer entre deux falaises à pic. Le silence nous tombe dessus alors que nous passons sous voile, les mots se prononcent plus doucement et se font moins nombreux. Et puis le havre Gosselin apparait comme caché derrière un mur, une petite hanse et des bateaux au mouillage, faire gaffe aux cailloux, il y en a un planqué sur bâbord. Nous continuons doucement en passant près d’un vieux grément, le Zephyr pauser là sur fond des lumières de Guernesey, un peu plus au sud nous repérons un coin où mouiller l’ancre. Là, à l’abri du vent un peu au dessus de la pointe de la Joue. L’ancre croche et je vérifie la tension de l’aussière. Nous affalons la voile… il y a une joie silencieuse qui éclaire nos visages.

Le lendemain les pirates sont de sortie, nous gonflons l’annexe pour mettre le pied sur l’île. C’est incroyable d’aborder une île avec son bateau de la sorte sans passer par le port. Alors que Pierre et Sandra poussent les pagaies, je regarde le bateau au milieu de ce décor qui s’éloigne et ressent une sorte de liberté nouvelle, celle de pouvoir déplacer sa maison où bon te semble lorsque la mer te le permet…

La visite de l’île se termine en baignade autour du bateau. Un bon déjeuner pour caler l’estomac et en route. L’heure est à la renverse et il faut en profiter pour passer la pointe sud de l’île. Le retour se passe agréablement, la mer est belle et le vent souffle juste ce qu’il faut… un peu mou parfois. C’est calme et reposant… L’arrivée sur Dielette se fait à la voile en tirant des bords depuis la cardinale de Flamanville, l’exercice nous amuse et c’est avec un hourra que nous passons l’entrée du port avant d’allumer le moteur…

Ainsi se joue la saison, au grès des fenêtres météo, entre les dispos des uns, les heures de marée et les embruns pour compagnons. J’ai aimé la citation de Pierre lorsque nous venions de passer le Gouliot, le Spi avait été affalé et nous avions renoncé à allumer le moteur…

 » Je le savais, je le savais ! Il n’y avait pas à aller chercher loin ! C’était juste en face… Et en plus ils sont pas radin sur la déco ! »

« Su la mé » d’Alfred Rossel

 

6 jours, 5 escales, 4 personnes, 0 déchet

Aurigny touchée, l’aventure ne faisait que commencer, après une navigation sur Guernesey avec Dominique et le passage par Aligande deux jours après le retour d’Aurigny il était temps de se préparer à prendre un peu de galon. L’idée est venue lorsque Pierre est passé un soir au bateau. Nous avons discuté du tour des ports de la Manche, une course qui réunit une centaine de bateaux chaque année avec des équipages prêts à en découdre, ambiance course et bon enfant, avec tout ce qui entoure une « régate », les départs et les bateaux parfois au touche touche,  le chrono, la nav, les courants, le vent, le stress et des ports pleins à craquer à l’arrivée avec les manœuvres qui vont bien.  En gros 140 miles sur 6 jours, 5 escales, des cailloux à enrouler et des bateaux à ne pas toucher mais à taquiner… la nuance est subtile, j’avoue que j’ai eu un frisson qui m’a parcouru la nuque en regardant le parcours… et puis on s’est regardé on a rigolé, c’était cuit, l’idée était trop tentante… cette année le tour partait de Dielette.

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Comme on aime se lancer des petits challenges je lui ai répondu ok et on le fait en mode 0 déchet…Alors on a essayé… de faire notre bière, des bocaux, des pâtés, des conserves, des gâteaux, du pain, du jus, du cidre, et de s’avitailler exclusivement en vrac mis en bocaux… et on y est arrivé. Nous nous en sommes sortis avec 3 kg d’épluchures, un papier d’emballage de beurre, deux briques de lait, 2 litres de gasoil, 4 pansements et un rouleau de pq… note pour plus tard la prochaine fois on trouve une crèmerie, on apprend à godiller et on fait gaffe aux doigts prés du winch…

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On y est arrivé, mais pas tout seul et c’est ce qui fait le piment de l’opération, car l’idée a trouvé de l’écho et avec un peu de détermination, une liste et un crayon de papier, nous avons contacté chacun des amis, potes, proches, on a secoué le cocotier tous azimut pour remplir le bateau et le résultat était au delà de nos attentes, on s’est retrouvé avec un bateau rempli à craquer de bonnes denrées et de pensées chaleureuses.

Car nous étions bien plus de quatre à bord, il y avait les pains de Jean Benoît et ses boules aux graines & chocolat qui vous calent le bide lorsqu’un coup de dalle vous prend par derrière, il y avait les pommes de terre, les courgettes, de l’ail et des oignons nouveaux, et le premier kilo de tomates de chez Stéphane Belin qui est maraicher bio dans le coin, un caisson de 12 litres de jus de pomme du Père Mahieu, et son détour la veille au soir pour nous amener une bouteille de calva de sa réserve perso, les sachets de chez Squizz qui produisent des emballages de Pompot réutilisables, la confiture de groseille maison de Dominique, ses brins de thym, de romarin et de laurier cueillis le matin même du départ, un bocal de Spiruline séchée qui provenait d’une ferme dans le calvados. Il y avait nos bouteilles de bière brune et blanche et les soirées de préparation qui vont avec, la mission pâtés de campagne et pâtés pimentés qui ne fait pas l’unanimité, mais comme avec pierre on les a préparés,  ce sont les meilleurs ! Il y a le cidre de l’oncle de Pierro mis en bouteille par ses soins, et puis les préparations du chef cuistot, son chili vege à goût de viande sans viande, et son bœuf à la sauce guiness sans compter les petits plats préparés tout au long de la semainequi en a fait saliver plus d’un… sans oublier les deux poules pour leur douzaine d’œufs que Pauline a pochés pendant une étape.

Et puis il y a le souvenir du geste du marchand d’olives des pieux ce vendredi matin là. J’avais amené deux bocaux en verre à remplir et parlais de la course et des préparatifs. Il avait de la stature derrière son tablier et ses grands yeux bleu, il m’a fait parler du pourquoi et du comment. Il a rempli les bocaux avec patience en écoutant. Et puis il m’a tendu les bocaux d’un air solennel  m’a regardé, « tu ne me dois rien, c’est pour l’idée, prends en soin, bonne nav et bon vent ».

On a dégusté ses olives en arrivant à Granville 3 jours plus tard avec une bière brune de notre cru, deux jours après un peu au nord de Jersey avant de déguster un plat de la cambuse de Pierro, j’ai sucé un noyau pour tenir la faim à l’écart lorsque nous passions le raz pour rallier Cherbourg et les dernières ont été consommées en face de Port Racine lorsque nous attendions la renverse pour redescendre sur Dielette. Elles ont accompagné nos plats, nos salades et ont été partagées avec les copains sur les pontons.

Alors ce tour c’était comment ? Une merveille, un package sauce barbecue qui vous cuit les joues, vous fait transpirer à l’avant pour balancer le spi, vous met la pression en passant prés des cailloux ou lorsqu’on prend un départ babord sur la ligne et que ça passe… enfin ça, c’est jamais certain… les manœuvres avec 15 bateaux à couplent, la fatigue, le plaisir de passer devant Bibiche au sud de Jersey, d’entendre Denis qui me demande de reprendre la barre parce que Marwane et Pierre savent mieux y faire, de voir les copains derrières, devant, au loin parfois, de tenir le cap pour enrouler cette foutu cardinale et la laisser sur bâbord, de prendre une veine de courant, de le bouler à la bonne heure et de faire un trait qui nous plait bien sur la carte, de voir que ça avance, que le bateaux et l’équipage tient, de se dire que c’est quand même incroyables d’être là… c’est aussi apprendre à rebrousser chemin, car aller couteau entre les dents ont y perd des copains. De dire merci au Raz Blanchard parce que ce soir là en sortant du mouillage de port Racine, la mer était belle et le raz était serein, il n’y avait pas de vagues là où les fonds soulèvent souvent une mer dangereuse et cassante, on est passé à côté de la plate, du phare de Goury et de la Foraine, tout était calme, le vent établit, le bateau filait et la nuit approchait doucement.

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Ce soir là c’était le dernier soir du tour des ports et je n’avais pas envie de rentrer, j’avais envie de rester sur l’eau, d’apprécier ses couleurs et son silence, de sentir le bateau filer sous nos pieds, de faire le point à la carte, de se dire qu’en face il y avait une île à atteindre. J’avais envie de tout mais surtout de rester en mer, de prolonger l’instant. C’était étrange de se sentir loin, loin de vouloir rentrer un jour, parce qu’ici en mer après une semaine, on apprend aussi à s’y sentir bien .. alors on est rentré doucement, on a réduit la toile et à minuit nous passions l’entrée de dielette à la voile le coeur gros, les yeux remplis d’envies incroyables et de plaisir en mer prochain…

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Credit Photo : Laurent Travert

 

Cap sur les Anglos Normandes

La fois où j’ai indiqué à Jean Marie que je souhaitais partir du coin il m’a répondu : « Ok mais avant de partir, il faudra que tu te rendes à Aurigny »… je lui ai dit oui et on s’est serré la main… et ensuite j’ai compris.

J’ai compris que pour aller à Aurigny il fallait savoir estimer la vitesse de son bateau précisément, qu’il y avait une heure bien particulière pour partir de Dielette et arriver à passer la pointe Quenard avant la renverse mais pas trop avant non plus sinon le courant nous éloigne du port. J’ai compris en somme qu’aller à Aurigny c’était savoir lire la carte des courants, les heures de marée, lire le vent et connaître son bateau. Alors évidement lorsque j’ai tenté la première fois… j’ai loupé Aurigny. Et là j’ai compris que l’ami Jean Marie avait mis sur ma route un exercice de navigation qui ne tolère pas l’approximation, ni sur le cap, ni sur le réglage du bateau, ni sur les conditions pour passer « Le Raz ». Un exercice qu’il fallait passer si je voulais partir d’ici. Car l’oiseau doit savoir quitter le nid, et pour cette première expérience, j’ai appris à battre des ailes, à me lancer, à tenter le vent et la marée, à estimer mes erreurs à les comprendre, et puis à force d’essayer… j’y suis arrivé…

Pour rejoindre Aurigny il faut passer le Raz Blanchard, ce bout de mer qui relie la pointe de la Hague Française à l’île anglo normande la plus au nord. Ce bout de caillou est dans un passage où la mer lorsque le vent est contre le courant monte à vous tailler la croupe, à vous faire balancer d’avant en arrière à croire que le mat va tomber, qu’il vous fait avancer et reculer à sa guise et que les marmites qui apparaissent vous font tournoyer, le safran devient mou sous la poigne, le bateau semble s’immobiliser et tourne sans comprendre ni comment ni pourquoi. A cet endroit la force de l’eau prend le pas sur le vent. Pour aller à Aurigny il faut apprendre l’humilité, que ce que l’on choisit n’est pas toujours suivi des faits, que malgré les prévisions météos et les flèches de courant, le raz il vous laisse passer ou non, c’est à sa guise.

 

Tenter de rejoindre Aurigny était ma première navigation avec le bateau, avant d’y arriver j’ai échoué 3 fois et ces 3 tentatives valent trois fois plus que la fois où j’y suis arrivé. La première j’ai visé trop au nord et pas assez à l’ouest, l’île nous est passée devant sans possibilité de contrer le courant pour rejoindre le port, la deuxième fois, nous avons pris trop ouest et pas assez de nord… la renverse à la pointe Quénard a eu raison de notre vitesse… plus on avance plus la vitesse se réduit, moins on avance, plus le courant s’établit, une fois le tapis roulant dans l’autre sens, il faut s’incliner, prendre sa leçon et s’en retourner. La troisième nous étions trois à bord et nous sommes partis de nuit avec les étoiles, nous étions partis à la bonne heure, le bon cap… mais malgré les efforts de réglages et envoyer le spi, le vent ne voulait pas gonfler suffisamment les voiles, impossible de rejoindre Quenard avant la renverse, nous sommes rentrés…

Alors la quatrième fois, je suis parti seul avec le bateau, il fallait contrer le sort et trouver une autre formule. Dom la veille m’avait dit : « demain on peut aller à Aurigny », nous avons fait le calcul de marée et déterminé une heure de départ. Lui de son côté, moi du mien. Le topo était clair, il fallait trouver soi même l’heure, le cap et sa vitesse en fonction du vent. J’ai acquiescé et lui ai dit que je serai heureux qu’on se retrouve avec nos deux bateaux pour déjeuner ensemble, il a souri et m’a dit : « rendez vous là bas alors ». On est parti chacun sur son navire le lendemain matin, dom était déjà à deux miles lorsque je hissais la grand voile. Nous étions à distance pour se voir mais seul à sa barre, à sa navigation avec le vent, le raz et ses courants. Au passage du raz, le bateau s’est cabré plusieurs fois, des vagues venaient parfois taper l’arrière sans crier gare, et l’éclair d’un instant je me suis demandé ce que je faisais là, seul, sans pilote et sans moyen de lâcher la barre pour faire le point… l’éclair d’un instant, j’ai souri à l’idée et puis je me suis ravisé, cette question n’avait pas de sens, nous étions là, et il fallait bien arriver quelque part… alors on a continué à se faire malmener gentiment, ma carte s’est déchirée en deux lorsque je tentais de la déplier dans le cockpit, alors j’ai sorti le compas de relèvement et j’ai pu fixer deux droites pour savoir que nous étions bien là au bon moment. Et puis la pointe Quenard est apparu, nous avons paré les cailloux sur babord en abattant peu à peu pour enrouler le cap. Le vent était nord est et j’ai dû mettre les voiles en ciseaux pour passer l’entrée du port. Une fois à l’abri, j’ai remis le moteur en marche… J’étais fatigué, ravi et émerveillé…nous étions arrivés ! A cette destination qui m’avait donné des mots de têtes, des doutes, des craintes et des efforts. J’ai goûté le plaisir de trouver ma maison dans un autre décor. Dom sur Slan était au coffre à deux longueurs et m’attendait gentiment. A présent, je touchais enfin ce bout de terre et avec lui remportais mon passeport pour gagner d’autres îles, d’autres ports…

 

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Chantier pont

5 Aout 2015, après quelques nav et pas mal de commentaire sur l’état du pont, je remets le bâteau sur ses bers pour entamer un chantier qui va m’en faire chier des ronds de chapeau !

Après coup, je pense que je n’aurais jamais entamé cette partie si j’avais su ce qui m’attendait… aujourd’hui, je peux dire ouf, c’est fait. Le bateau a retrouvé ses lignes et ses couleurs. Mais pour l’instant, nous sommes début août, et Jean Michel remet le bâteau sur ses bers. Je remets l’échelle en place et monte pour entamer ce long périple de rénovation.

Quelques jours plus tard Clément vient me filer un coup de main pour démonter l’accastillage, j’ai fini de passer au karcher le pont, la couche de sale est virée et cela m’aura pris deux jours pour bien tout décaper propre. Le bateau se retrouve alors à poil et étrangement j’aime beaucoup ses lignes, allégées des chandeliers, balcons, taquets, winchs, et listons.

Il faudra encore pas mal d’étapes, entre le grattage, ponçage, l’enduit, tout en passant entre les gouttes, en devinant les rayons de soleil pour mener à bien le chantier. Avec, tous les jours, ce petit rituel du matin, l’avant chantier où aux aurores je sniffe l’air et lève mon nez, « va ti faire bio ou po ? ». Et puis je monte sur le pont et passe un coup d’éponge pour essuyer la rosée, cela aidera le pont à sécher plus vite. La journée effective est déterminée par la météo, sachant que les conditions sont favorables ou non pour certaines tâches… j’apprécierai particulièrement les pluies nocturnes qui passent un coup de jet d’eau après une journée de grattage.

Les journées s’allongent et le pont entame sa lente mue, à coup de griffe, de papier de verre, d’enduit j’y passerai des heures, des jours et des semaines. Et puis un certain jour d’octobre, le 17… il est 5h du matin lorsque je me lève. Il me reste 7h avant que le bâteau ne retourne à son élément. Le pont est redevenu lui même avec une touche blanche et beige, beau et sûr pour le pas du marin. Le pont est refait, enfin !

Je vous laisse avec cette petite série, amateur, fraîche et avec les erreurs qu’impliquent les premières fois. J’espère que vous y trouverez un peu d’info, un peu de sourire, un peu d’envie de mettre un pouce et de partager…

 

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La première fois…

Journal de Bord : Mardi 16 juin 15h,  Jean Michel vient d’installer des sangles toutes neuves sur le Travellift pour prendre soin de la coque toute neuve. Ce matin j’étais sur le pont de bonne heure, à inspecter les derniers recoins, vérifier les vannes, démarrer le moteur, charger les batterie, placer les amarres… et je crois que la liste pouvait s’allonger autant qu’il le faut pour reculer devant ce moment où l’on ressent les palpitations d’un grand jour, et par ailleurs un sacré trac. Les copains sont aux aguets, Jean Marie place un film plastique sur la coque avant de mettre en tension les sangles. La grue mugit, le bateau se libère de ses bers. Il y a quelques craquements et puis la coque s’élève doucement.

Je me retrouve à la barre quelques instants plus tard. Le moteur démarre, un signe de pouce vers le haut et les sangles descendent vers le fond. le bateau est libre… sur l’eau. C’est l’heure de la première manœuvre pour atteindre le ponton, la première rayure sur l’étrave, le premier grincement de dent… c’est aussi la joie de tanguer doucement, d’entendre les sons du bateau, et de se dire, que ça y est… avec un sourire aux lèvres, on est sur l’eau enfin !

J’attendrai encore quelques jours pour me lancer. Les copains semblent bouder une sortie en mer et je les soupçonne d’attendre sciemment de voir ce que je vais faire. Trois jours plus tard, il est 7h lorsque je sors mon nez et ouvre le capeau, et tandis que l’eau chauffe, la flotille de Dielette est à la manoeuvre. Loulou sur sa Nenette me fait un grand signe de la main et à ce moment là, je me dis que c’est maintenant… J’ai pris mon café sur le ponton, à inspecter le pont. Et puis j’y suis allé en me disant que j’étais fou… J’ai mis le moteur en marche, défais les amarres et suis sortie en mer. C’était aussi simple que ça. J’ai hissé la GV, et pris le cap de Jobour, Loulou était du coté de la plate à relever ses casiers. Le bateau filait doucement, le vent était établi à 10 noeuds, des conditions de rêve pour une première première ! C’était un mélange de folie, de plaisir et d’anxiété. J’ai réussi à faire mes manoeuvres et me suis surpris à parler à voix haute… à virer, empanner et garder un cap en ciseaux. Et puis je suis rentré, avec un petit stress lorsqu’on remet le moteur en marche, le stress de la manœuvre de port qui ne m’évitera pas de porter une seconde balafre sur le flan du bateau… le part-bat était placé trop bas, Patrick m’a dit plus tard en souriant : « C’est bien, c’est en essayant qu’on apprend »… !

 

Une coque 100% Biocide Free

A 9h la grisaille se dissipe pour laisser passer du bleu, je regarde le ciel en me demandant s’il va tenir. demain il y a promesse de pluie et nous n’aurons que la journée pour effectuer l’application… il aura fallu attendre la fin de l’hiver pour envisager la pause du film Silicon.

L’entretien de la coque représente une des parties les plus polluantes du bateau. La partie immergées, les oeuvres vives sont habituellement revêtues d’une peinture à base de biocide pour lutter contre les micros organismes qui se collent naturellement à la coque. Ces peintures sont très nocives pour les océans et pour l’homme, sans compter leur efficacité qui tend à rapidement diminuer dans le temps et nécessite un renouvellement tous les ans.

Après quelques études et des coups de fils pour me renseigner je casse un bout de ma tirelire pour financer la pause « d’un film autoadhésif polymère à très hautes performances de glisse qui apporte une fonction d’antifouling. Le principe repose sur la très faible tension de surface de la couche supérieure au contact de l’eau ». En gros, l’eau glisse plus vite et les micro organismes ont peu de surface d’accroche. Deal… !

Après plusieurs date où la météo nous fait défaut, la coque est prête pour sa dernière peau. Il faudra la demi journée aux applicateurs d’Uniflow pour pauser les 20 m² de film. La coque est reluisante sous un ciel orangé, j’ai l’impression que les oeuvres vives ont trouvé une nouvelle fougue, Une première étape est franchis…. la coque est propre, on peut attaquer la partie motorisation.

Plus d’information : http://www.uniflow-marine.com/

Cloques en Stock

Octobre 2014, la météo semble clémente sur la semaine. Il souffle fort mais nous avons beau temps et le crépis de la coque noir commence à laisser passer du blanc. Sous ce noir incrusté ferme, du poison en pagaille. Le bateau est en train de faire peau neuve, sans biocide, sans agent tueur de plancton. Il me faudra deux semaine en tout entre le premier coup de karcher et le dernier coup de pinceau.

En attendant il faut envoyer la dose d’huile de coude car ce truc là s’arrache pas tout seul et où il est collé, ça vous casse le dos ! Après 4 jours d’acharnement, je vois passer Jean Marie & Patrick et leur demande de jeter un oeil. Patrick s’avance, rajuste ses lunettes. « Tu vois là », me fais t-il en tourniquant le doigt autours d’une partie de la coque. « Là c’est bien, là ». Ca veut dire… ». « Ca veut dire que t’as du boulot ». Et ils me laissent là, ponçeuse en main. J’envisageais une pause en espérant troquer mon papier de verre contre un rouleau. Que nenni, je remet le masque en position et m’y remet.

Le soir même je ferai un extra jusque 21h. J’ai mis une boite de cassoulet sur la casserole, une semoule et au lit. Il est 21h43 quand je compte jusqu’à trois avant de sombrer. Lendemain, réveil à 6h, petit café avec le lever de soleil. Quelques pécheurs larguent les amarres. Je souffle sur mon café chaud, et regarde à la proue avant de descendre sous les oeuvres vives pour troquer mon grattoir contre un rouleau de feutre doux.

Retrospective

Il y a un peu plus de 2 ans, je partais pour l’Australie depuis gare de l’est, je venais de rendre mon appart et ma vie tenait dans le sac que j’avais sur le dos. J’avais alors pour idée de rallier ce continent en passant par la terre, sans prendre un seul avion. Là bas, j’avais quelques rêves d’Eldorado. J’ai pris un train puis un autre et j’ai rejoins la Russie, la Mongolie et la Chine. Et puis je suis descendu plein sud à travers la Chine, le Laos, la Thailande, la Malaisie, Singapour. Là il n’y avait pas de bateau pour l’Australie, alors j’ai continué en Indonésie en traversant en stop Java, Bali, Lombok, Sumbawa, Flores et Timor… A Timor, je me suis arrêté, il y avait la côte Australienne à quelques pas, un centimètre sur la carte pas plus, mais là encore, je n’avais pas trouvé de bateau… alors je me suis résigné et j’ai pris l’avion… pour la Nouvelle Zélande.

France Australie sans avion…

Après quelques temps à destination,  j’ai commencé à tourner mon regard vers notre vielle Europe, les copains et la famille me manquait, l’eldorado avait la couleur de la France, alors je suis revenu C’était en septembre 2013. Je n’avais toujours pas laché mon sac à dos. J’ai parcouru quelques routes de France, me suis initié à la permaculture, à la pratique du cuir, du bois… je louchais même parfois sur quelques coins de France, un potager, une maison. J’ai eu l’occasion de découvrir l’Ardèche, la Drome et l’amour des chataigners…  et puis le hasard m’a détourné une nouvelle fois lorsque j’ai rencontré Michel…

Michel est un pirate de 70 ans manchot de la main droite avec une forte tronche de normand. Il vient tout juste de remettre à flot Batifoleur, un Fugue de 39 pieds et compte bien le ramener sur son île de Flores situé au milieu de l’atlantique. Ce vieux loulou m’a rappelé mon vieux bout de rêve qui trainait sur la mer de Timor. Et je me suis dis qu’il fallait bien finir ce voyage. Alors j’ai largué les amarres depuis l’Espagne au mois de juillet, la mer était belle, le vent tournait Nord Est, le deuxième jour je voyais des dauphins pour la première fois, j’aillais vers les Açores. J’y ai découvert un peu l’océan, son calme et ses vents forts…Il nous aura fallu 15 jours sans voir la terre et 10 jours en plus pour rallier son bout de caillou sur l’atlantique mais ça c’est une autre histoire.

De retour sur le continent et par un hasard de circonstances qui m’échappent encore se produit comme il s’en produit rarement : un chamboulement… Après quelques roulés boulés je tombe sur l’annonce suivante : « ARPÈGE n°678 de 1971 – à donner avant destruction », Devinez de qui je tiens le nom Arpège ? …. Michel, ainsi soit-il. Amen.

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Alors, s’il faut un début à quelque chose, je commencerai par rendre ce bateau « Eco Responsable » et autonome. C’est un petit bateau mais il en a dans le ventre, et avec quelques idées détonantes, il pourra faire le tour de la terre. En attendant, Oanig est sur ber entre l’EPR de Flamanville et la Hague… depuis le cockpit on peut voir les feux de signalement du port de Dielette. La proue semble vouloir s’élancer par ce passage, pour aller sans doute de l’autre coté de la Bretagne, et puis sans doute… un peu plus loin encore…

Circuit_Map

ARPÈGE n°678 de 1971 – à donner avant destruction

ARPÈGE de 1971, longueur 9,25m, largeur 3m, TE 1,65m, jauge brut 7,46tx, moteur Volvo MD2 1971 14cv, génois sur enrouleur, spi asymétrique, compas, loch, sondeur,VHF, GPS, pont refait en 1998 ; peinture à refaire. Jeu de voiles : état moyen. Réchaud manquant.

Le bateau est visible à Port Dielette (Manche). Il faudrait surtout revoir le moteur ce que nous ne savons pas faire nous mêmes, pour le reste, il y a des travaux d’entretien à prévoir mais il est encore en état de naviguer. C’est pourquoi nous proposons de le donner à toute personne intéressée

Contact H


Bonsoir,
 
Je me permet de vous écrire suite à l’annonce que vous avez publié sur http://www.maquette.voilier-arpege.com/
Le nom me plait et j’aimerai lui offrir une seconde vie s’il n’est pas trop tard. Si vous ne l’avez pas déja cédé, pourrions nous convenir d’un rendez vous téléphonique pour en discuter ?
Je vous remercie par avance,
Bien cordialement
R
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Bonjour ou bonsoir, je ne sais pas quelle heure il est pour vous. Notre bateau n’est pas encore cédé, nous avons des appels depuis que l’annonce a été mise mais rien de concret encore.
Je tiens à vous préciser que  s’il est presque en état de naviguer, il reste des travaux à prévoir; nous avons eu des visites de personnes qui se montraient assez exigeantes, ce qui nous paraît une attitude invraisemblable puisque nous donnons ce voilier.
Vous pouvez nous appeler sur le portable (06 xx xx xx xx) demain après midi ou les autres jours en soirée à partir de 20h, mon mari vous décrira mieux le bateau que moi pour tout ce qui concerne ses aspects techniques; pour moi il représente surtout une belle série de souvenirs de navigation en famille.
J’ai consulté votre site, et l’idée de le céder à un voyageur capable de partir sac au dos à travers l’Europe et l’Asie me plaît, j’aime bien vos aquarelles.
Cordialement,
I
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Bonsoir et merci pour votre réponse tardive.
Nous sommes visiblement à l’heure des chats, car je suis actuellement de passage en France. Le sourire est de mise et je trouve incroyable cette rencontre. Depuis les dernières parutions du site, une année est passée j’ai simplement un peu laissé le crayon et la caméra pour continuer de voyager en France et en Europe. Je suis tombé un peu par hasard sur votre annonce, et en ce temps de septembre où des voies et des chemins s’ouvrent, il m’est paru temps de prendre une direction… 
Je serai ravi de pouvoir échanger avec vous quelques mots, des histoires sans doute de voile et de grande eau.
Bien cordialement,
R
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