6 jours, 5 escales, 4 personnes, 0 déchet

Aurigny touchée, l’aventure ne faisait que commencer, après une navigation sur Guernesey avec Dominique et le passage par Aligande deux jours après le retour d’Aurigny il était temps de se préparer à prendre un peu de galon. L’idée est venue lorsque Pierre est passé un soir au bateau. Nous avons discuté du tour des ports de la Manche, une course qui réunit une centaine de bateaux chaque année avec des équipages prêts à en découdre, ambiance course et bon enfant, avec tout ce qui entoure une « régate », les départs et les bateaux parfois au touche touche,  le chrono, la nav, les courants, le vent, le stress et des ports pleins à craquer à l’arrivée avec les manœuvres qui vont bien.  En gros 140 miles sur 6 jours, 5 escales, des cailloux à enrouler et des bateaux à ne pas toucher mais à taquiner… la nuance est subtile, j’avoue que j’ai eu un frisson qui m’a parcouru la nuque en regardant le parcours… et puis on s’est regardé on a rigolé, c’était cuit, l’idée était trop tentante… cette année le tour partait de Dielette.

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Comme on aime se lancer des petits challenges je lui ai répondu ok et on le fait en mode 0 déchet…Alors on a essayé… de faire notre bière, des bocaux, des pâtés, des conserves, des gâteaux, du pain, du jus, du cidre, et de s’avitailler exclusivement en vrac mis en bocaux… et on y est arrivé. Nous nous en sommes sortis avec 3 kg d’épluchures, un papier d’emballage de beurre, deux briques de lait, 2 litres de gasoil, 4 pansements et un rouleau de pq… note pour plus tard la prochaine fois on trouve une crèmerie, on apprend à godiller et on fait gaffe aux doigts prés du winch…

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On y est arrivé, mais pas tout seul et c’est ce qui fait le piment de l’opération, car l’idée a trouvé de l’écho et avec un peu de détermination, une liste et un crayon de papier, nous avons contacté chacun des amis, potes, proches, on a secoué le cocotier tous azimut pour remplir le bateau et le résultat était au delà de nos attentes, on s’est retrouvé avec un bateau rempli à craquer de bonnes denrées et de pensées chaleureuses.

Car nous étions bien plus de quatre à bord, il y avait les pains de Jean Benoît et ses boules aux graines & chocolat qui vous calent le bide lorsqu’un coup de dalle vous prend par derrière, il y avait les pommes de terre, les courgettes, de l’ail et des oignons nouveaux, et le premier kilo de tomates de chez Stéphane Belin qui est maraicher bio dans le coin, un caisson de 12 litres de jus de pomme du Père Mahieu, et son détour la veille au soir pour nous amener une bouteille de calva de sa réserve perso, les sachets de chez Squizz qui produisent des emballages de Pompot réutilisables, la confiture de groseille maison de Dominique, ses brins de thym, de romarin et de laurier cueillis le matin même du départ, un bocal de Spiruline séchée qui provenait d’une ferme dans le calvados. Il y avait nos bouteilles de bière brune et blanche et les soirées de préparation qui vont avec, la mission pâtés de campagne et pâtés pimentés qui ne fait pas l’unanimité, mais comme avec pierre on les a préparés,  ce sont les meilleurs ! Il y a le cidre de l’oncle de Pierro mis en bouteille par ses soins, et puis les préparations du chef cuistot, son chili vege à goût de viande sans viande, et son bœuf à la sauce guiness sans compter les petits plats préparés tout au long de la semainequi en a fait saliver plus d’un… sans oublier les deux poules pour leur douzaine d’œufs que Pauline a pochés pendant une étape.

Et puis il y a le souvenir du geste du marchand d’olives des pieux ce vendredi matin là. J’avais amené deux bocaux en verre à remplir et parlais de la course et des préparatifs. Il avait de la stature derrière son tablier et ses grands yeux bleu, il m’a fait parler du pourquoi et du comment. Il a rempli les bocaux avec patience en écoutant. Et puis il m’a tendu les bocaux d’un air solennel  m’a regardé, « tu ne me dois rien, c’est pour l’idée, prends en soin, bonne nav et bon vent ».

On a dégusté ses olives en arrivant à Granville 3 jours plus tard avec une bière brune de notre cru, deux jours après un peu au nord de Jersey avant de déguster un plat de la cambuse de Pierro, j’ai sucé un noyau pour tenir la faim à l’écart lorsque nous passions le raz pour rallier Cherbourg et les dernières ont été consommées en face de Port Racine lorsque nous attendions la renverse pour redescendre sur Dielette. Elles ont accompagné nos plats, nos salades et ont été partagées avec les copains sur les pontons.

Alors ce tour c’était comment ? Une merveille, un package sauce barbecue qui vous cuit les joues, vous fait transpirer à l’avant pour balancer le spi, vous met la pression en passant prés des cailloux ou lorsqu’on prend un départ babord sur la ligne et que ça passe… enfin ça, c’est jamais certain… les manœuvres avec 15 bateaux à couplent, la fatigue, le plaisir de passer devant Bibiche au sud de Jersey, d’entendre Denis qui me demande de reprendre la barre parce que Marwane et Pierre savent mieux y faire, de voir les copains derrières, devant, au loin parfois, de tenir le cap pour enrouler cette foutu cardinale et la laisser sur bâbord, de prendre une veine de courant, de le bouler à la bonne heure et de faire un trait qui nous plait bien sur la carte, de voir que ça avance, que le bateaux et l’équipage tient, de se dire que c’est quand même incroyables d’être là… c’est aussi apprendre à rebrousser chemin, car aller couteau entre les dents ont y perd des copains. De dire merci au Raz Blanchard parce que ce soir là en sortant du mouillage de port Racine, la mer était belle et le raz était serein, il n’y avait pas de vagues là où les fonds soulèvent souvent une mer dangereuse et cassante, on est passé à côté de la plate, du phare de Goury et de la Foraine, tout était calme, le vent établit, le bateau filait et la nuit approchait doucement.

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Ce soir là c’était le dernier soir du tour des ports et je n’avais pas envie de rentrer, j’avais envie de rester sur l’eau, d’apprécier ses couleurs et son silence, de sentir le bateau filer sous nos pieds, de faire le point à la carte, de se dire qu’en face il y avait une île à atteindre. J’avais envie de tout mais surtout de rester en mer, de prolonger l’instant. C’était étrange de se sentir loin, loin de vouloir rentrer un jour, parce qu’ici en mer après une semaine, on apprend aussi à s’y sentir bien .. alors on est rentré doucement, on a réduit la toile et à minuit nous passions l’entrée de dielette à la voile le coeur gros, les yeux remplis d’envies incroyables et de plaisir en mer prochain…

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Credit Photo : Laurent Travert

 

Parlons Autonomie

« L’autonomie est la capacité pour un être de subsister à ses propres besoins avec les ressources dont il dispose. »

Toute l’astuce réside dans le fait de pouvoir conserver, produire, combiner, recycler, l’énergie, la nourriture, la santé, l’eau et son propre savoir… Cette cuisine, elle commence par des ingrédients simples :

04-NourritureLa boite à champignon : ou comment transformer son marc de café en champignon ?

MicroJardin : Concevoir un jardin de plantes médicinales & pour la cuisine.

Germinoir : Faire germer ses graines avant de les cuisiner, c’est activer une petite centrale nutritive

06-savoir Au rayon livre ancien :

Cuisine à la Norvégienne, ou comment utiliser la cuisson lente pour faire mijoter ses plats

Astro-Navigation, ou comment faire le point grâce aux étoiles.

03-EauPetit à petit… :

Capter l’eau de pluie

Désaliniser par évaporation

Un vortex pour oxygéner l’eau

05-Energie Diminuer sa consommation

Produire de l’électricité à partir du soleil

Produire de l’électricité à partir de la vitesse du bateau

07-santeSe soigner avec les plantes et les huiles essentielles

S’entretenir, ou comment prendre soin de soi et du bateau.

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Une coque 100% Biocide Free

A 9h la grisaille se dissipe pour laisser passer du bleu, je regarde le ciel en me demandant s’il va tenir. demain il y a promesse de pluie et nous n’aurons que la journée pour effectuer l’application… il aura fallu attendre la fin de l’hiver pour envisager la pause du film Silicon.

L’entretien de la coque représente une des parties les plus polluantes du bateau. La partie immergées, les oeuvres vives sont habituellement revêtues d’une peinture à base de biocide pour lutter contre les micros organismes qui se collent naturellement à la coque. Ces peintures sont très nocives pour les océans et pour l’homme, sans compter leur efficacité qui tend à rapidement diminuer dans le temps et nécessite un renouvellement tous les ans.

Après quelques études et des coups de fils pour me renseigner je casse un bout de ma tirelire pour financer la pause « d’un film autoadhésif polymère à très hautes performances de glisse qui apporte une fonction d’antifouling. Le principe repose sur la très faible tension de surface de la couche supérieure au contact de l’eau ». En gros, l’eau glisse plus vite et les micro organismes ont peu de surface d’accroche. Deal… !

Après plusieurs date où la météo nous fait défaut, la coque est prête pour sa dernière peau. Il faudra la demi journée aux applicateurs d’Uniflow pour pauser les 20 m² de film. La coque est reluisante sous un ciel orangé, j’ai l’impression que les oeuvres vives ont trouvé une nouvelle fougue, Une première étape est franchis…. la coque est propre, on peut attaquer la partie motorisation.

Plus d’information : http://www.uniflow-marine.com/

Retrospective

Il y a un peu plus de 2 ans, je partais pour l’Australie depuis gare de l’est, je venais de rendre mon appart et ma vie tenait dans le sac que j’avais sur le dos. J’avais alors pour idée de rallier ce continent en passant par la terre, sans prendre un seul avion. Là bas, j’avais quelques rêves d’Eldorado. J’ai pris un train puis un autre et j’ai rejoins la Russie, la Mongolie et la Chine. Et puis je suis descendu plein sud à travers la Chine, le Laos, la Thailande, la Malaisie, Singapour. Là il n’y avait pas de bateau pour l’Australie, alors j’ai continué en Indonésie en traversant en stop Java, Bali, Lombok, Sumbawa, Flores et Timor… A Timor, je me suis arrêté, il y avait la côte Australienne à quelques pas, un centimètre sur la carte pas plus, mais là encore, je n’avais pas trouvé de bateau… alors je me suis résigné et j’ai pris l’avion… pour la Nouvelle Zélande.

France Australie sans avion…

Après quelques temps à destination,  j’ai commencé à tourner mon regard vers notre vielle Europe, les copains et la famille me manquait, l’eldorado avait la couleur de la France, alors je suis revenu C’était en septembre 2013. Je n’avais toujours pas laché mon sac à dos. J’ai parcouru quelques routes de France, me suis initié à la permaculture, à la pratique du cuir, du bois… je louchais même parfois sur quelques coins de France, un potager, une maison. J’ai eu l’occasion de découvrir l’Ardèche, la Drome et l’amour des chataigners…  et puis le hasard m’a détourné une nouvelle fois lorsque j’ai rencontré Michel…

Michel est un pirate de 70 ans manchot de la main droite avec une forte tronche de normand. Il vient tout juste de remettre à flot Batifoleur, un Fugue de 39 pieds et compte bien le ramener sur son île de Flores situé au milieu de l’atlantique. Ce vieux loulou m’a rappelé mon vieux bout de rêve qui trainait sur la mer de Timor. Et je me suis dis qu’il fallait bien finir ce voyage. Alors j’ai largué les amarres depuis l’Espagne au mois de juillet, la mer était belle, le vent tournait Nord Est, le deuxième jour je voyais des dauphins pour la première fois, j’aillais vers les Açores. J’y ai découvert un peu l’océan, son calme et ses vents forts…Il nous aura fallu 15 jours sans voir la terre et 10 jours en plus pour rallier son bout de caillou sur l’atlantique mais ça c’est une autre histoire.

De retour sur le continent et par un hasard de circonstances qui m’échappent encore se produit comme il s’en produit rarement : un chamboulement… Après quelques roulés boulés je tombe sur l’annonce suivante : « ARPÈGE n°678 de 1971 – à donner avant destruction », Devinez de qui je tiens le nom Arpège ? …. Michel, ainsi soit-il. Amen.

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Alors, s’il faut un début à quelque chose, je commencerai par rendre ce bateau « Eco Responsable » et autonome. C’est un petit bateau mais il en a dans le ventre, et avec quelques idées détonantes, il pourra faire le tour de la terre. En attendant, Oanig est sur ber entre l’EPR de Flamanville et la Hague… depuis le cockpit on peut voir les feux de signalement du port de Dielette. La proue semble vouloir s’élancer par ce passage, pour aller sans doute de l’autre coté de la Bretagne, et puis sans doute… un peu plus loin encore…

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