En viaje au loin su la mé

La saison était bien lancée, alors on partait, à deux, à trois équipiers, bateaux, cela dépendait des disponibilités des copains et de la météo. Le temps était au temps des pontons, au café chez Hervé le matin, au point avec les pêcheurs et l’ami Loulou que j’accompagnais avec plaisir relever les casiers. Le soir parfois il y avait du maquereau, des pots avec les copains dans les carrés des uns et des autres, des sorties éclairs juste pour prendre l’air et aller en mer au coucher de soleil, simplement parce qu’on est là et que c’est beau. Notre horloge était à la météo et nous ne laissions pas un créneau sans quelques coups de fils du genre : « Salut Dom, demain possible de rallier Jersey, Pierre est chaud, t’es dispo ? », « Ok pour moi »… et on partait…

4 aout : Destination Gorey

On a apparaillé sur le jusant, destination Gorey à une vingtaine de miles. La marée venait de renverser. Mer belle un peu agitée au passage du cap de Flamanville, route au 200 pour pointer sur l’entrée de la passe de l’Etoc au nord de Jersey. Le vent s’est établit ouest, Pierre s’occupait du réglage des voiles, Dom avait un petit sourire aux lèvres alors qu’il tenait la barre. Tout était pour le mieux, je me suis occupé de la nav et j’ai fait chauffer un café.

En vue du passage de l'Etoc
Arrivée en vue du passage de l’Etoc avec Dom à la barre.

Au passage de l’Etoc, Le compas de relèvement est de service. Il faut négocier notre route sur une bande de un mile maximum et parer les roches Frouquie sur Tribord et Grande Rousse sur babord. En gros faut pas se louper, le courant bat son plein, on monte à 10 nœuds sur le fond et le paysage défile vite… Les Ecréhou c’est un vrai poème, le courant est maître il te pousse ou te tire, les roches apparaissent à sa guise suivant si la mer est plus ou moins haute… Alors côté calcul de hauteur s’est bien de réviser deux fois plutôt qu’une et sur la carte tu t’occupes de ne pas passer au dessus de 2’00’10 de longitude ouest… et ça passe.

Passe de l'Etoc
La Passe de l’Etoc…

Les Ecrehou sont derrière nous et la digue de Sainte Catherine se rapproche. On voit apparaître un château du moyen age qui se dresse à flan de falaise… on arrive les amis et quelques 3h après notre départ on mouille dans la baie de Gorey sous les remparts du château de Mont Orgueil en attendant le plein pour entrer dans le port.

Chateau de Mont Orgueil
Château de Mont Orgueil surveillant le port de Gorey

La nuit se passe au sec, le bateau est pausé sur sa quille contre le quai. Nous repartons à 7h du matin, en attendant une tasse à la main que la mer remonte pour que le bateau flotte à nouveau. Retour sur Dielette, trois heures et demi plus tard Dielette est en vue. Tout sourire.

12 Aout : Guernesey  – Herm

Cela faisait un certain temps que Babette et Jean Claude se voyaient faire un tour sur l’Arpège. Alors ce jour là on a pris la direction de Saint Peter, et le vent venait de là bas…

Alors on s’est fait mouiller, bien au taquet à tenir notre prés serré… 10h de nav à tirer des bords sous le banc de la Scholle pour passer la pointe de Sark et d’autres encore dans le grand Russel avant d’atteindre Saint Peter bien rincé. Je pense que c’est ce dont ils avaient envie, un peu de sport… et pour ça on a été bien servit. Pour le coup, on avait verrouillé l’épreuve en donnant un rendez vous au copain David avec son Ombrine… comme ça, on irait sinon rien. Cela a été  une bien chouette navigation et une rencontre au port heureuse avec l’équipage voisin. Le fait d’avoir partagé l’effort et les conditions de mer rapproche… ça c’est certain !

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Libertine à l’attaque

Le lendemain, on appareillait pour mouiller l’ancre en face de Herm et de pauser le pied dessus. L’occasion de découvrir et de trainer l’annexe sur une nouvelle plage. D’aborder encore à la voile une île, un monde à part. Le soir, retour sur le bateau pour une bonne bouffe en commun, et un peu avant minuit l’arrivée de Dom et Laurence qui nous ont rejoins sur leur Westerly ont relancé la soirée de plus belle…

Le retour a été des plus tranquille, le vent gonflait les voiles sans trop se forcer. Avec Babette, Jean Claude et Eric on a passé le temps à rigoler et à partager des histoires pendant que le bateau glissait lentement vers Dielette… un peu ivre encore sans doute de la virée.

 

15 Aout : Destination Sark

A peine rentré, que le lendemain Pierre & Sandra embarquent à bord, les loustiques sont chauds et la fenêtre est trop belle.. la marée est propice pour toucher en début de soirée Sark. La mer est magnifique, le vent établit à 15 noeuds Est, Nord Est, pile poil pour envoyer le Spi sans mouiller le maillot… alors ok, Feu !

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Pierre et Sandra à la barre

Après trois heures, nous arrivons en vue de Sark, et nous nous approchons en réduisant la toile pour négocier la partie serrée de cette navigation. Le Gouliot, un passage entre les îles de Sark et Brechou, pas plus 5 longueurs de bateau séparent les deux îles, et il y a de l’eau…

Il sera difficile de rendre le silence du passage du gouliot sous grand voile. Lorsque les roches se rapprochent alors que l’étrave pointe vers un bout de mer entre deux falaises à pic. Le silence nous tombe dessus alors que nous passons sous voile, les mots se prononcent plus doucement et se font moins nombreux. Et puis le havre Gosselin apparait comme caché derrière un mur, une petite hanse et des bateaux au mouillage, faire gaffe aux cailloux, il y en a un planqué sur bâbord. Nous continuons doucement en passant près d’un vieux grément, le Zephyr pauser là sur fond des lumières de Guernesey, un peu plus au sud nous repérons un coin où mouiller l’ancre. Là, à l’abri du vent un peu au dessus de la pointe de la Joue. L’ancre croche et je vérifie la tension de l’aussière. Nous affalons la voile… il y a une joie silencieuse qui éclaire nos visages.

Le lendemain les pirates sont de sortie, nous gonflons l’annexe pour mettre le pied sur l’île. C’est incroyable d’aborder une île avec son bateau de la sorte sans passer par le port. Alors que Pierre et Sandra poussent les pagaies, je regarde le bateau au milieu de ce décor qui s’éloigne et ressent une sorte de liberté nouvelle, celle de pouvoir déplacer sa maison où bon te semble lorsque la mer te le permet…

La visite de l’île se termine en baignade autour du bateau. Un bon déjeuner pour caler l’estomac et en route. L’heure est à la renverse et il faut en profiter pour passer la pointe sud de l’île. Le retour se passe agréablement, la mer est belle et le vent souffle juste ce qu’il faut… un peu mou parfois. C’est calme et reposant… L’arrivée sur Dielette se fait à la voile en tirant des bords depuis la cardinale de Flamanville, l’exercice nous amuse et c’est avec un hourra que nous passons l’entrée du port avant d’allumer le moteur…

Ainsi se joue la saison, au grès des fenêtres météo, entre les dispos des uns, les heures de marée et les embruns pour compagnons. J’ai aimé la citation de Pierre lorsque nous venions de passer le Gouliot, le Spi avait été affalé et nous avions renoncé à allumer le moteur…

 » Je le savais, je le savais ! Il n’y avait pas à aller chercher loin ! C’était juste en face… Et en plus ils sont pas radin sur la déco ! »

« Su la mé » d’Alfred Rossel

 

Parlons Autonomie

« L’autonomie est la capacité pour un être de subsister à ses propres besoins avec les ressources dont il dispose. »

Toute l’astuce réside dans le fait de pouvoir conserver, produire, combiner, recycler, l’énergie, la nourriture, la santé, l’eau et son propre savoir… Cette cuisine, elle commence par des ingrédients simples :

04-NourritureLa boite à champignon : ou comment transformer son marc de café en champignon ?

MicroJardin : Concevoir un jardin de plantes médicinales & pour la cuisine.

Germinoir : Faire germer ses graines avant de les cuisiner, c’est activer une petite centrale nutritive

06-savoir Au rayon livre ancien :

Cuisine à la Norvégienne, ou comment utiliser la cuisson lente pour faire mijoter ses plats

Astro-Navigation, ou comment faire le point grâce aux étoiles.

03-EauPetit à petit… :

Capter l’eau de pluie

Désaliniser par évaporation

Un vortex pour oxygéner l’eau

05-Energie Diminuer sa consommation

Produire de l’électricité à partir du soleil

Produire de l’électricité à partir de la vitesse du bateau

07-santeSe soigner avec les plantes et les huiles essentielles

S’entretenir, ou comment prendre soin de soi et du bateau.

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Une coque 100% Biocide Free

A 9h la grisaille se dissipe pour laisser passer du bleu, je regarde le ciel en me demandant s’il va tenir. demain il y a promesse de pluie et nous n’aurons que la journée pour effectuer l’application… il aura fallu attendre la fin de l’hiver pour envisager la pause du film Silicon.

L’entretien de la coque représente une des parties les plus polluantes du bateau. La partie immergées, les oeuvres vives sont habituellement revêtues d’une peinture à base de biocide pour lutter contre les micros organismes qui se collent naturellement à la coque. Ces peintures sont très nocives pour les océans et pour l’homme, sans compter leur efficacité qui tend à rapidement diminuer dans le temps et nécessite un renouvellement tous les ans.

Après quelques études et des coups de fils pour me renseigner je casse un bout de ma tirelire pour financer la pause « d’un film autoadhésif polymère à très hautes performances de glisse qui apporte une fonction d’antifouling. Le principe repose sur la très faible tension de surface de la couche supérieure au contact de l’eau ». En gros, l’eau glisse plus vite et les micro organismes ont peu de surface d’accroche. Deal… !

Après plusieurs date où la météo nous fait défaut, la coque est prête pour sa dernière peau. Il faudra la demi journée aux applicateurs d’Uniflow pour pauser les 20 m² de film. La coque est reluisante sous un ciel orangé, j’ai l’impression que les oeuvres vives ont trouvé une nouvelle fougue, Une première étape est franchis…. la coque est propre, on peut attaquer la partie motorisation.

Plus d’information : http://www.uniflow-marine.com/

Retrospective

Il y a un peu plus de 2 ans, je partais pour l’Australie depuis gare de l’est, je venais de rendre mon appart et ma vie tenait dans le sac que j’avais sur le dos. J’avais alors pour idée de rallier ce continent en passant par la terre, sans prendre un seul avion. Là bas, j’avais quelques rêves d’Eldorado. J’ai pris un train puis un autre et j’ai rejoins la Russie, la Mongolie et la Chine. Et puis je suis descendu plein sud à travers la Chine, le Laos, la Thailande, la Malaisie, Singapour. Là il n’y avait pas de bateau pour l’Australie, alors j’ai continué en Indonésie en traversant en stop Java, Bali, Lombok, Sumbawa, Flores et Timor… A Timor, je me suis arrêté, il y avait la côte Australienne à quelques pas, un centimètre sur la carte pas plus, mais là encore, je n’avais pas trouvé de bateau… alors je me suis résigné et j’ai pris l’avion… pour la Nouvelle Zélande.

France Australie sans avion…

Après quelques temps à destination,  j’ai commencé à tourner mon regard vers notre vielle Europe, les copains et la famille me manquait, l’eldorado avait la couleur de la France, alors je suis revenu C’était en septembre 2013. Je n’avais toujours pas laché mon sac à dos. J’ai parcouru quelques routes de France, me suis initié à la permaculture, à la pratique du cuir, du bois… je louchais même parfois sur quelques coins de France, un potager, une maison. J’ai eu l’occasion de découvrir l’Ardèche, la Drome et l’amour des chataigners…  et puis le hasard m’a détourné une nouvelle fois lorsque j’ai rencontré Michel…

Michel est un pirate de 70 ans manchot de la main droite avec une forte tronche de normand. Il vient tout juste de remettre à flot Batifoleur, un Fugue de 39 pieds et compte bien le ramener sur son île de Flores situé au milieu de l’atlantique. Ce vieux loulou m’a rappelé mon vieux bout de rêve qui trainait sur la mer de Timor. Et je me suis dis qu’il fallait bien finir ce voyage. Alors j’ai largué les amarres depuis l’Espagne au mois de juillet, la mer était belle, le vent tournait Nord Est, le deuxième jour je voyais des dauphins pour la première fois, j’aillais vers les Açores. J’y ai découvert un peu l’océan, son calme et ses vents forts…Il nous aura fallu 15 jours sans voir la terre et 10 jours en plus pour rallier son bout de caillou sur l’atlantique mais ça c’est une autre histoire.

De retour sur le continent et par un hasard de circonstances qui m’échappent encore se produit comme il s’en produit rarement : un chamboulement… Après quelques roulés boulés je tombe sur l’annonce suivante : « ARPÈGE n°678 de 1971 – à donner avant destruction », Devinez de qui je tiens le nom Arpège ? …. Michel, ainsi soit-il. Amen.

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Alors, s’il faut un début à quelque chose, je commencerai par rendre ce bateau « Eco Responsable » et autonome. C’est un petit bateau mais il en a dans le ventre, et avec quelques idées détonantes, il pourra faire le tour de la terre. En attendant, Oanig est sur ber entre l’EPR de Flamanville et la Hague… depuis le cockpit on peut voir les feux de signalement du port de Dielette. La proue semble vouloir s’élancer par ce passage, pour aller sans doute de l’autre coté de la Bretagne, et puis sans doute… un peu plus loin encore…

Circuit_Map